23 févr. 2011

Gone Baby Gone

La petite Amanda a disparu mais sa mère n'a pas vraiment l'air de s'en inquiéter. Alcoolique et droguée notoire elle semble se sentir mieux sans ce fardeau. Seule la tante de la petite semble vouloir la retrouver et elle persuade les détectives Kenzie et Gennaro de se charger de l'affaire. Mais qu'est-il arrivé à l'enfant? Sert-elle d'otage à un dealer voulant récupérer la came que lui a volé sa mère? Ou est ce plus compliqué qu'une banale affaire de drogue?





Alors c'est bien?

Attention, déconseillé en cas de coup de blues. Gone Baby Gone est...déprimant. Dans tous les sens du terme. Le sujet d'abord: enlèvement d'enfant. On sent tout de suite que ça ne va pas être une partie de plaisir. Amanda a disparu et tout le monde s'en fiche, ou presque. L'enquête hésite, crime de pervers ou règlement de compte entre truands?  A travers ce thème, Lehane passe en revue à peu près tous les trucs qu'on ne veut pas voir arriver à un enfant, l'agression physique n'étant pas la seule chose pouvant détruire une vie.

Vient le lieu : la région de Boston. Je n'ai jamais visité cet endroit et ce livre ne m'a pas donné très envie d'y aller un jour. Lehane nous présente des villes sombres et sordides, peuplées d'hommes et de femmes aux vies brisées: sans avenir, sans espoir. Tant de malheur devient oppressant à la longue, et j'ai eu plusieurs fois envie de vider une boite de lexomil.

Enfin les personnages principaux : Kenzie et Gennaro. Deux individus amochés par la vie, déjà bien traumatisés par leurs précédentes enquêtes et leurs passés. Ce sont des gens biens, ils sont amoureux et on a envie qu'ils soient heureux. Mais malheureusement cette enquête va faire ressurgir de nouvelles blessures et les confronter à des choix dont ils ne sortiront pas indemnes. On a mal pour eux. On a mal pour Amanda. On a mal tout court.

Mais je vous conseille quand même de lire ce roman qui est extrêmement bien écrit et rondement mené. Il faut juste bien choisir son moment et préparer la boite de mouchoir.

Ah ! Et la fin m'a tout simplement achevée.

Extrait 
J'ai gardé les yeux fermés un bon moment, essayant de visualiser la petite Amanda, d'en appeler à une sorte de sixième sens qui me permettrait de savoir si elle était vivante. Mais derrière mes paupières clauses, je n'ai vu que le noir.

Titre VF :  Gone Baby Gone
Titre VO : Gone Baby Gone
Auteur : Dennis Lehane
Genre : policier
D'où vient-il ? de la bibliothèque

21 févr. 2011

C'est lundi!


Qu'est ce que j'ai lu la semaine passée ? Qu'est ce que je lis en ce moment ?
Que lirais-je la semaine qui vient ? 


Sur une idée de Malou, ce rendez-vous  permet de faire le point sur les lectures passées, en cours, et à venir. 

Ce que j'ai lu :


Ce que je lis  :



Ce que je vais lire 

17 févr. 2011

La Servante écarlate

La Servante écarlate se déroule dans un proche avenir dans la République de Gilead, un pays formé à l'intérieur des frontières de ce qui était auparavant aux États-Unis. Elle a été fondée sur un coup d'Etat théocratique-militaire organisée comme une réponse idéologique à la dégradation généralisée écologique, physique et social du pays.

Commençant par la mise en scène d’une attaque terroriste (imputé à des extrémistes islamistes) qui tue le Président, un mouvement qui se fait appeler "Fils de Jacob" lance une révolution, évince le Congrès, et suspend la Constitution des États-Unis sous le prétexte de rétablir l'ordre. La nouvelle dictature théocratique militaires, se baptise "La République de Gilead", et met tout en place rapidement pour consolider son pouvoir et réorganiser la société sur un nouveau régime militarisé, fondé sur les principes chrétiens de l'Ancien Testament.

L'histoire est présentée du point de vue d'une femme appelée Defred. Le personnage fait partie d'une catégorie d'individus à des fins de reproduction.

Alors c'est bien?


Publié en 1985 La Servante écarlate (titre original : The Handmaid's Tale) est l’œuvre de l'auteure canadienne Margaret Atwood. Elle y décrit une réalité possible où la religion domine la politique dans une coalition totalitaire.

Il est impossible de ne pas penser à la montée en puissance du Tea Party et des mouvements chrétiens frôlant le fascisme à la lecture de ce roman dont on ne peut trancher s’il est dystopique et ou d’anticipation.
Gilead pourrait être les Etats-Unis. Et Serena Joy pourrait être Sarah Palin. Car si Gilead est une société fictive c'est une République Ultra Conservatrice qui en guise de protection des femmes les a placées en "espèce protégée" au sein de la société.
Cette contre-utopie nous présente une dictature religieuse encensée par les femmes au départ, qui a fini par se retourner contre elles leur ôtant au passage leur identité pour ne conserver que leur fonction reproductrice.
 Le roman ouvre une fenêtre intime et désespérée de la narratrice. Nous assistons à l'histoire d'une femme dépouillée de son identité et de sa dignité. Elle est réduite au rang "d'utérus sur pattes". Elle n’a plus de nom, et l’utilité de son corps n’est réduite qu’à sa fonction primale reproductrice. En tant que lecteur, nous ne savons que très peu de choses de Defred. Réduite à son utérus, anonyme, et se faisant devenant tout le monde : elle est universelle. Attention, si le roman est certes féministe, les hommes n'y sont pas stigmatisés pour autant. La narratrice est toujours consciente de ce que les deux sexes ont perdu en réduisant l'un des deux à l'état d'objet.

Un second courant important et peut être plus ignoré de l’œuvre mérite tout la considération du lecteur. Quand Defred tente d’expliquer la facilité avec laquelle cette société est mise en place, elle est surprise.
« [...] Il y avait des histoires dans les journaux, bien sûr, de cadavres dans des fossés ou des forêts, matraqués à mort ou mutilés, violentés comme ils disaient, mais il s'agissait d'autres femmes et les hommes qui faisaient ces choses-là étaient d'autres hommes. Aucun ne faisait partie des hommes que nous connaissions. Les articles des journaux étaient pour nous comme des rêves, de mauvais rêves, rêvés par d'autres. Quelle horreur, disions-nous, et c'était horrible, mais c'était horrible sans être crédible. »
 
Telle la grenouille dans l’eau chaude, les citoyens n’ont pas vu venir le changement. Ou tout du moins ils n’ont pas voulu voir les signes. Et quand ils ont voulu agir, fuir, se rebeller, il était tout simplement trop tard. Beaucoup verront dans Gilead un symbole du III Reich, mais ce ne serait qu’une vision, une analyse trop étriquée du symbole.

Le roman échappe à la caricature et ne fait jamais un tableau noir de ces évocations apocalyptiques. C'est ce gris noir qui terrifie et rend toute la mécanique fasciste possible : il y a toujours du bien dans le mal, du possible dans l'impossible.
Si l’action est absente de l’œuvre d’Atwood, cela ne fait qu’accentuer la proximité du lecteur avec les pensées de Defred. Impossible de s’en détourner, rien ne vous sauvera de cette petite voix.
En résumé La Servante écarlate se situe du côté de l’anticipation et offre une vision de l’avenir très pessimiste, plutôt effrayante mais terriblement crédible de la société.
Vous repenserez souvent à Defred une fois la dernière page tournée. Homme ou femme, La Servante écarlate n’est pas n’est pas une œuvre culturelle mais éducative. 
Et sa lecture n’est pas conseillée, mais INDISPENSABLE.

Cette critique a été réalisée par mon amie Walden.

Titre VF : La servante écarlate
Titre VO : The handmaid's tale
Auteur : Margaret Atwood
Genre : Science-Fiction


14 févr. 2011

A la pointe de l'épée

Ce soir, Richard Saint-Vière vient de tuer un homme. Pas de quoi en faire toute une histoire, c'est son métier. Fine lame et beau garçon, il est le bretteur le plus en vue du moment. D'ailleurs il croule sous les commandes. Il semblerait que certains nobles de la ville ont absolument besoin de lui pour des affaires particulières. Doit-il accepter ces contrats? Est il de taille à survivre dans ces sacs de nœuds où intrigues politiques et romanesques sont étroitement liées, et où la vie d'un simple bretteur ne vaut pas grand chose à coté de l'ambition des puissants?

Alors c'est bien?

J'ai eu du mal à rentrer dans le récit. Il m'a fallut du temps pour m'habituer au style d'Ellen Kushner et à l'univers qu'elle a bâti. J'ai trouvé son écriture froide et distante, comme si elle voulait nous tenir à l'écart. Elle ne dévoile presque rien de ses personnages et si cela leur confer une part de mystère qui n'est pas désagréable, c'est un peu frustrant et déstabilisant, car le lecteur a quand même besoin d'un minimum pour créer un lien entre lui et les protagonistes. Ainsi, Kushner prend le risque que ses lecteurs n'en aient pas grand chose à faire de ce qui pourrait arriver à son héros.

Les premières pages ont été difficiles. Je n'arrivais pas à cerner les personnages, j'étais complètement perdue, je n'accrochais pas particulièrement avec Saint-Vière...et puis d'un coup, le déclic. J'ai fini par accepter que l'auteur ne me dévoilerait pas grand chose, juste quelques indices ici ou là, et que j'allais moi même devoir combler les trous. Et c'est là, finalement, que la magie a opéré. Je me suis complètement appropriée Saint-Vière. Dès lors, j'ai plongé la tête la première dans ses aventures.  Mais ne vous attendez pas à de l'action à gogo car finalement, il ne se passe pas grand chose. L'auteur insiste plus sur les rouages des complots entre nobles et les retombées qu'elles pourraient avoir sur le bretteur que sur l'action pure.

J'ai totalement accroché avec la relation amoureuse entre Saint-Vière et Alec. Kushner traite leur relation avec retenue et pudeur, là encore ne dévoilant pas grand chose, mais juste assez pour que notre imagination fasse le reste. J'aime la façon dont Kuhner traite l'homosexualité. Dans son univers les relations amoureuses entre personnes du même sexe sont totalement acceptées. Il n'y a donc aucun obstacle idéologique à la relation entre les deux hommes et on peut se concentrer sur la romance pure.


Extrait
Richard savait qu'il se bâtait pour sa vie, et il était terriblement heureux. Dans la plupart de ses combats, même les bons, il prenait toutes les décisions : quand devenir sérieux, s'il fallait combattre par en haut ou par en bas...mais déjà, Applethorpe lui avait retiré cela. Il n'avait pas peur, mais le défi le plaçait sur le fil du rasoir, et la chute serait irrévocable.
Titre VF : À la pointe de l'épée
Titre VO : Swordpoint
Auteur : Ellen Kushner
Genre : Fantasy
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